Déc 142013
 

logo_loupaisArrivée du nouveau numéro (419) de Lou Païs du dernier trimestre 2013 accompagné de l’Armanac de Lousero 2014.
Joli cadeau de Noël 🙂

Editorial :

Soyez « tendance », parlez la langue occitane !

Voici quelques jours à peine, le 19 novembre, je participais au colloque « l’occitan en Auvergne au XXIe siècle ». Comme nul ne l’ignore sans doute, l’Auvergne fait partie intégrante de la vaste Occitanie, qui s’étend de Clermont-Ferrand et Limoges, au Val D’Aran en Espagne, et de Bordeaux, aux vallées occitanes du piémont en Italie. Beaucoup de monde à ce colloque, et du beau monde, avec ouverture par le malvézien d’origine, René Souchon, président de la région Auvergne ; il n’a pas oublié ses racines, lui non plus ! Comme d’autres régions, le Languedoc Roussillon était bien représenté, avec Philippe Vialard notamment.

Un « concile » pour notre « vieille langue d’Oc » ! ?… J’étais très curieux… Beaucoup de satisfaction pourtant à l’arrivée ; un petit coup de booster aussi !

Toujours bons à entendre : notre langue occitane s’avère l’une des plus riches en Europe : 160 000 termes ; 80 000 seulement pour le français ! De fête, à l’école communale déjà, une « porte Clavée » coucher sur le papier, entraînait aussitôt dans la marge, en rouge, un sans appel « patois ! » Une périphrase était ici nécessaire : « portes fermées à clé ». Claba donc, mais aussi, cadaula, tanca, tampa…, autant de termes bien précis sur la simple façon de fermer une porte, qui n’ont pas d’équivalent en français, en langue d’Oïl. Et que dire des suffixes augmentatifs ou diminutifs, pour ne citer qu’eux, qui font qu’une « jeune fille », plus précisément chez nous, uno filho, uno drolo, ou bien encore uno pilhardo…, peut aussi, de façon  toujours plus nuancée et imagée, évoluer en uno filhetouno, uno filhouno, uno filheto, uno filhasso… ; et, au fil de sa beauté, elle pourra se retrouver broo, galherdo, poulido, ou même crano…, et plus finement encore, brabeto, brabounèlo, brabasso…

…/…

La suite à lire dans votre revue Lou Païs ….

Paul Astruc.

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Déc 112013
 

Logo livreLe XX siècle en Lozère représente, pour le curieux que je suis, une mine de renseignements, d’anecdotes et surtout de documents photographiques. Il suffit de chercher, de « gratter » un peu et surtout de faire parler les images… Voilà un livre qui touche notre cœur ; il est le fruit de longues recherches afin de restituer, au fil de chroniques, la réalité d’une époque qui vit naître nos grands-parents. Cet ouvrage est captivant et non passéiste : il reflète le début de l’ère moderne, et mon attachement à une région magnifique.

Passionné par son département, nourri par les récits de ses grands-parents, Jean-Marie Gazagne a entrepris un véritable travail d’ethnologie. En rassemblant dans cet ouvrage plus de 300 chroniques illustrées parues dans La Lozère nouvelle et plébiscitées par les lecteurs, il trace un portrait unique et surprenant de sa terre natale. Il soulève ainsi tous les coins du voile, déjoue les pièges du temps passé et remet au jour anecdotes, portraits, activités disparues, histoires personnelles et touchantes. Le tout est illustré de photos, cartes postales et documents d’époque. Par l’histoire, par le coeur, par le souvenir, il fait renaître la Lozère de son grand-père.

Vous le trouverez sans problème sur le site de Amazon (32€ environ)

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Oct 152013
 

logo_lozere« C’est aux premiers jours de l’année 1941 que ces deux jeunes filles institutrices tentèrent l’impossible pour accomplir leur devoir et le payèrent de leur vie : héroïnes d’un drame que nul Lozèrien n’a le droit d’oublier ou d’ignorer.

Le jeudi 2 janvier, les deux soeurs partent en pleine nuit à l’aube. Le temps semble meilleur. Les voyageuses arrivent à Mende, où elles apprennent que le service des cars est arrêté. Qu’à cela ne tienne. Marthe frète un taxi qui va les conduire à Montmirat.

Il est trois heures de l’après-midi lorsqu’elles atteignent Montmirat. La tempête recommence à sévir. Le bourg apparaît dans un tourbillon de neige. A l’auberge où elles s’arrêtent, on essaie de les dissuader de leur projet.

Marthe sourit. Que diraient les enfants si demain leur institutrice faisait l’école buissonnière ?

C’est alors que le dessin implacable fit se présenter M. Portalier, qui venait du Choizal et se rendait aux Badieux ; elles décidèrent de partir avec lui. Ils mettront trois heures à parvenir aux Badieux. M. Portalier, d’après le correspondant de « La Croix de la Lozère », les invita à chercher aux Badieux un gîte pour la nuit, car le jour déclinait.

A deux kilomètres de l’école, en terrain connu, elles préférèrent continuer. Elles ne devaient pas être très loin de la Vaissière lorsque survint la tourmente.
Ce terrible fléau des hivers lozériens s’abat à l’improviste. Il provoque la presque totale paralysie des sens et d’abord fait perdre le sens de l’orientation. Nos pères ont tenté d’en prévenir les effets en utilisant des moyens plus touchants qu’efficaces : on prolongeait longuement la volée qui suivait le tintement de l’angélus ; on construisait un clocher dans les hameaux pour faire entendre que le secours était là… alors que les victimes succombaient parfois à quelques pas de leur porte.
Comment la mort vint-elle frapper nos deux héroïques soeurettes ? Voulurent-elles s’arrêter un instant pour changer de bas, comme le rapporte le journal local ? Ou pour reprendre quelques forces ? seule l’éternité recouvre ce secret, comme celui de leurs dernières paroles et impose un infini respect.

La découverte 
C’est fini. Marthe et Pierrette ne donneront plus signe de vie. Le dimanche suivant, le 5 janvier 1941, soit trois jours après leur départ, il faudra que leur mère, affreusement inquiète, téléphone aux Bondons pour que l’on parte à leur recherche. Deux hommes des Bondons, parmi ceux qui les cherchaient, découvrirent les deux corps recroquevillés, se tenant par la main et recouverts de glace, au pied d’un arbre, dans un boqueteau de la colline de Colobrières. On ne les trouva que vers cinq heures de l’après-midi, à cinq cents mètres environ des Badieux, un peu écartées de leur chemin.
Le médecin diagnostiqua une congestion. Il est possible qu’elles aient pris pour la bonne route, parce qu’il y avait des vestiges de pas, un raccourci tracé par le facteur. D’autre part, le phénomène est bien connu : les personnes qui marchent dans la neige, la nuit tombée, tournent en rond. »

Le texte complet sur le site du village de Rocles

La pierre tombale dans le cimetière de Badaroux.

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Mai 192013
 

Logo livre« Aubrac est décidément à la mode. On n’y vient de partout ; on n’y viendrait bien davantage si le logement n’y faisait défaut ».

Écrite il y a déjà un siècle (18 août 1901), cette phrase nous renvoie à notre propre époque. Aujourd’hui, l’Aubrac est à la mode. Resté à l’écart du progrès et si proche de la nature, le vaste plateau dénudé incarne le monde que nous avons perdu, monde ingénue et pudique, fier et discret, oublié des hommes. Ici l’on aime à chercher la sagesse, vaine quête de l’esprit humain luttant contre son propre et sombre destin.

L’image de l’Aubrac, celle qui est véhiculée par la carte postale, la peinture et la photographie surtout, est un reflet de ce mythe : paysages immenses et purs, horizons illimités, cieux immuables et changeants. L’homme est peu présent dans cette représentation, si ce n’est l’autochtone au regard ironique qui contemple un monde nouveau dont il ne fait pas partie. L’homme, c’est encore le buronnier (le dernier, bien sûr) qui a conservé le souvenir des gestes anciens.

L’image du photographe, il y a un siècle, c’est d’abord celle d’une société rurale pleine de vie. S’il fixe parfois sur la pellicule un paysage ou un buron, l’on sent que l’homme n’est pas absent du paysage, même si l’on ne peut l’apercevoir, et qui occupe une place importante. Ces vieilles cartes postales jaunies par le temps nous offrent un témoignage sur une époque qui fut probablement la plus riche de vie en Aubrac. Au-delà du regard du photographe, l’on peut aussi voir le regard des hommes de l’Aubrac sur leur propre pays.

Un merveilleux voyages au travers de cartes postales d’époque.

Titre :
Mémoire d’Aubrac (Deuxième édition 2002)

Auteurs :
Etienne Andrieu et Claude petit.

Environ 19€

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Mar 232013
 

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Programme du Festival Celte 2013 !!

 

Jeudi 8 août à Grèzes

Toute la journée :
Animations dans le village : expositions de photos anciennes à la mairie, exposition de dentelle et de costumes traditionnels auvergnats, promenade en calèche dans le village, sculpture de la Tour de la Clauze sur bois par Jean-Pierre COoniasse, fabrication de pains au four à l’ancienne par Luc Cubizolles, jeux celtes…

10 heures
Randonnée aller-retour d’environ 1h30
12 heures
Casse-croûte

A partir de 14 heures
Trois randonnées en différé de 7, 9 et 11 km
19 heures
Inauguration et ouverture officielle du Festival

19 h 30
Vin d’honneur offert par la mairie

20 heures
Repas « La Musette Grézienne »
A partir de 21 heures
Concerts gratuits

  • Gerry Carter
  • Il’éa
  • Le conteur Tortequesne

 

Vendredi 9 août à Saugues

Toute la journée :
Des animations et un marché celte se tiendront dans le bourg de Saugues. Journée rythmée aux sons des groupes Les Pierres Noires, Barkley Corn en concert off (gratuit) et du Bagad de Rhuys.

10 heures
Passage du Bagad de Rhuys
10 h 30 à 12 h 15
Concert de Barkley Corn
17 heures
Concert des Pierres Noires
18 h 30
Passage du Bagad de Rhuys
21 heures
Concert payants au Marché Couvert de Saugues (ouverture des portes dès 20 heures)

  • Manau
  • Celkilt
  • Bagad de Rhuys en intermède

 

Samedi 10 août à Saugues

Toute la journée :
Des animations et un marché celte se tiendront dans le bourg de Saugues. Journée rythmée aux sons des groupes Les Pierres Noires, Barkley Corn en concert off (gratuit) et du Bagad de Rhuys.

10 heures
Passage du Bagad de Rhuys
10 h 30 à 12 h 15
Concert des Pierres Noires
17 heures
Concert de Barkley Corn
18 h 30
Grande parade avec le Bagad de Rhuys
21 heures
Concert payants au Marché Couvert de Saugues (ouverture des portes dès 20 heures)

  • Avalon Celtic Dance
  • The Moorings
  • Bagad de Rhuys en intermède

Plus d’informations sur le site officiel : http://www.festivalengevaudan.com/

Mar 072013
 

La région de Villefort possède encore  de nombreuses châtaigneraies. Depuis l’antiquité, les propriétés particulières du tanin étaient  connues pour le traitement des peaux et des cuirs. C’est à partir d’écorces de chênes et de châtaigniers que le tannage végétal des peaux était réalisé. Lorsqu’en 1890 la maladie de « l’encre » décima les châtaigniers, un grand nombre furent abattus et dirigés vers cette usine de Ponteils. Après broyage dans « les moulins à tan », l’extraction des extraits peut alors se faire avec de l’eau.
C’est cette « liqueur » et indique qui était directement utilisé pour le traitement par trempage des peaux. Au début du XXe siècle, le chrome remplaça les tanins et les usines d’extraits tanniques fermèrent petit à petit.

villefort - usine - taninv2

La carte postale est presque la seule mémoire de cette activité cévenole.

La maladie de l’encre est une maladie très grave du châtaignier (et du chêne) provoquée par des micro-organismes filamenteux autrefois classés parmi les champignons. La maladie est apparue en France en 1860. Elle est nommée ainsi à cause des suintements de liquide noirâtre sur la base du tronc.

Jean Marie Cazagne (La Lozère Nouvelle du 22 février 2013)

Fév 172013
 

Marie Sophie de Lamartine
1802-1863

Le 2 juillet 1827, Marie Sophie de Lamartine, soeur cadette du grand poète épousait à Mâcon le comte Édouard de Ligonnès.
Par ce biais, elle entrait dans l’histoire de la Lozère.
Il semble bien que ce mariage se fit par l’entremise du compte Adam de Morangiès, descendant d’une longue lignée Gévaudanaise qui avait des attaches à Igè, près de Mâcon.

Le couple, installé à Mende, à proximité du palais de justice, eut cinq enfants : quatre filles et un garçon.

Ils connurent des destins différents, Marie-Caroline et Marie-Hélène entrèrent dans les ordres ; Mathilde et Marie-Amélie fondèrent une famille.

Quant au dernier, Charles, il se révéla un ecclésiastique distingué : supérieur du grand séminaire  de Mende puis évêque de Rodez et de Vabres.

« Sensible et douce » si l’on en croit son frère Alphonse, Sophie de Lamartine fut une mère très aimée de ses enfants ainsi que de son mari Édouard de Ligonnès pour qui « tous les éléments de son caractère étaient des vertus ».

Elle avait un talent indéniable, possédant un beau coup de crayon. Il suffit de consulter nombre de dessins conservés aux archives départementales de la Lozère.

Ayant tout juste dépassé la soixantaine, Sophie de Lamartine meurt le 6 août 1863 à Mende, victime d’une fluxion de poitrine.
Elle repose dans le tombeau familial des Ligonnès, au cimetière Saint Gervais.

Jean-Paul Mazot
Source : La Lozère Nouvelle du 15 février 2013

marie sophie de ligonnesPhoto : P. Landru

 

entree cimetiere saint gervais mande

 

Jan 302013
 

Marguerite Sirvins
1890 – 1957

Née en Lozère, dans une famille paysanne du hameau de Badaroux prés de la Canourgue en France, Marguerite Sir, de son vrai nom Marguerite Sirvins manifeste à l’âge de 41 ans des troubles schizophréniques qui entraînent son admission définitive à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban sur Limagnoles. Marguerite Sir commence à dessiner treize ans plus tard, en 1944.

Elle réalise des aquarelles et des broderies. Pour ces dernières, elle utilise comme support des morceaux de chiffons et mêle à des soies de couleur des fils de laine qu’elle obtient en effilochant des chiffons récupérés au rebut. Elle travaille sans modèle ni esquisse préalable. En proie à des hallucinations et à des délires toujours plus fréquents, elle cesse ses activités artistiques en 1955, son état hallucinatoire s’étand dangereusement aggravé.

La créatrice produit toutefois un dernier ouvrage qui constitue son œuvre majeure : souhaitant avec ardeur connaître un jour le mariage, elle se met à confectionner une robe de mariée destinée à un jour de noces imaginaires. Ce vêtement, qu’elle ne portera jamais, est créé selon la technique du point de crochet, avec des aiguilles à coudre et du fil tiré dans des morceaux de draps usagés.

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