Sep 222013
 

logo_gevaudanParmi les animaux sauvages, le loup suscite en Europe des passions depuis l’Antiquité. Considéré des siècles durant comme un ennemi public, il est passé depuis quelques décennies dans la catégorie des animaux protégés. Son statut s’est inversé, favorisant une recolonisation dont la France constitue un exemple emblématique et problématique. Réussite inédite en matière de conservation, le retour de l’animal présente un impact indéniable sur les activités humaines. Symbole de la biodiversité, il contribue aussi à la redéfinir localement tout en remettant en cause un équilibre agro-pastoral fragile.

Vingt ans après le constat officiel de son retour, le moment est arrivé de dresser un bilan général à la fois rétrospectif et prospectif. Au regard de l’expérience historique, riche de plus de 2000 ans, et des pratiques actuelles d’autres régions d’Europe, qui sont restées confrontées au prédateur depuis longtemps, un état des lieux s’impose. Depuis 1993, les structures dédiées à la gestion – ou à l’observation du loup – se sont activées. Par ailleurs bon nombre d’associations, de chercheurs et d’acteurs ont été conduits à réagir.

Les difficultés de suivi de l’animal ou d’évaluation de son impact se sont multipliées et n’ont pas favorisé la transparence de l’information. En vue de réduire ces disparités et de favoriser des échanges constructifs, il convient de partager les informations portées par les secteurs scientifiques, les institutions, les acteurs concernés par le loup.

Dans cette perspective les organisateurs du colloque s’assignent un objectif : parvenir, en fédérant les énergies, à des conclusions opératoires, susceptibles d’alimenter les décisions politiques.

Symposium « Vivre ensemble avec le loup. Hier, aujourd’hui… et demain ?  » qui se déroulera à Saint-Martin-Vésubie du 9 au 12 octobre prochain.

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2013-10-09_programme_loup

Sep 172013
 

Logo livreJean-Marc Moriceau est devenu un spécialiste incontournable de l’histoire du loup en France. Connu pour son sérieux et sa rigueur, cet historien, professeur à l’université de Caen publie un très bel ouvrage au titre évocateur : « Sur les pas du loup, tour de France historique et culturel du loup du Moyen Age à nos jours ».

Depuis des années, Jean-Marc Moriceau enquête dans toute la France sur les traces du loup, hier terrifiant, aujourd’hui protégé. Du moyen âge à la fin du XIXème siècle, le loup a été présent dans toutes les régions : les hommes et le bétail ont payé un lourd tribut à cette cohabitation. Aujourd’hui, le loup est revenu. Depuis les Alpes, il a recolonisé plus d’un quart des départements. Estimé à 250, le nombre de loups augmente. Où seront-ils demain ?

Le livre remarquablement illustré réunit 65 cartes des régions où le loup était présent, des centaines de documents d’archives, des témoignages saisissants et la liste de toutes les communes touchées par les attaques de loups et des 2200 familles victimes de 1580 à 1880 des agissements de cet animal.

Bien sûr, J-M Moriceau s’est intéressé à la Bête du Gévaudan et son diagnostic est dépourvu d’ambiguïté « sur l’identité de la Bête, » écrit-il, « le mystère n’est finalement pas si épais. Toutes les traces de pas observées aussi bien par Etienne Laffont que par les chasseurs d’Enneval, François Antoine et le comte de Tournon, renvoient à Canis Lupus (…)
S’appuyant sur un héritage populaire très riche et sur des témoignages locaux recueillis sur le terrain comme dans les archives oubliées, J-M Moriceau met en valeur ces lieux de mémoire qui marquent l’histoire des Français. Au-delà des questions passionnelles, l’ouvrage fruit d’un immense travaille de recherche, fait le bilan historique et culturel du loup en France.

L’idée d’un tandem de sadiques ne résiste pas à la concordance des faits, des témoignages, du contexte culturel. Les agissements concertés des Chastel et du comte de Morangiès n’ont toujours pas trouvé l’ombre d’une preuve. Les animaux exotiques font aussi couler beaucoup d’encre. A ce monstre protéiforme il fallait bien donner au lecteur de quoi satisfaire sa curiosité quitte à imaginer une hyène échappée de la ménagerie du roi de Sardaigne ! (…) Tous les pans d’un véritable château de cartes forgés sans regarder les sources, ni respecter le contexte historique s’effondre. »

J-M Moriceau s’interroge sur les évènements actuels, « A quelles conditions une cohabitation est-elle possible entre le loup et l’homme ? La conflictualité avec les éleveurs ne connait pas d’exception. Même au Portugal ou en Galice, même en Italie ou en Croatie, les réactions des bergers traduisent un antagonisme avéré.

Le loup n’ayant pas de frontière, c’est une vision internationale qu’il faut développer pour mettre en oeuvre une gestion raisonnée, aux imperfections inéducables, mais dont l’homme n’a pas à s’interdire l’expérience. »

Monsieur Moriceau, normalien, agrégé d’histoire, est professeur à l’université de Caen, membre de l’Institut universitaire de France et président de l’Association d’histoire des sociétés rurales. Il a notamment publié Histoire de méchant loup et L’homme contre le loup (Fayard), La bête du Gévaudan (Larousse) et avec Philippe Madeline, Les paysans 1870-1970 (Les Arènes).

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L’ouvrage de Jean-Marc Moriceau (352 pages en couleurs) est en vente en librairie au prix de 39€uros.
On peut s’adresser à l’éditeur Montbel Edition, 8 rue de Courcelles, 75000 paris.
www.montbel.com 

Ou sur le site Amazon, un peu moins cher.

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