Les chasseurs luttent contre la Bête du Gévaudan

François Antoine

Porte-Arquebuse du Roi Louis XV

Né vers 1694 à Paris est un militaire français, sous-lieutenant de la Capitainerie royale de Saint-Germain-en-Laye et porte-arquebuse de Louis XV.

Il est passé à la postérité pour avoir prétendument tué, le 20 septembre 1765, la célèbre Bête du Gévaudan. Ce fait d'armes est contesté puisque les attaques reprirent quelques semaines après son départ du Gévaudan.


François Antoine appartient à la noblesse au rang d'écuyer. François est son prénom et Antoine son patronyme. Aucun « nom de terre » n'est accolé à ce dernier, contrairement aux affirmations de nombreux auteurs qui le nomment « de Beauterne ». Il s'agit en fait d'un titre de courtoisie utilisé par son fils cadet né en 1748: Robert-François-Marc Antoine, dit « de Beauterne ».


En juin 1765, sous les ordres de Louis XV et de Étienne-François de Choiseul, François Antoine succède aux louvetiers normands D'Enneval père et fils pour tuer la Bête du Gévaudan. « Le Roi vient de se déterminer à envoyer le sieur Antoine, son porte-arquebuse, avec six autres bons tireurs et de bons chiens, dans le Gévaudan, pour y donner la chasse au monstre ». Antoine reçoit l'ordre du roi le 8 juin et arrive au Malzieu le 22 du même mois, accompagné de son fils Robert-François de Beauterne, jeune chevau-léger de dix-sept ans.


Pour Antoine, la Bête n'est rien d'autre qu'un loup. C'est ce qu'il écrit dans l'une de ses nombreuses correspondances: les traces relevées n'offrent « aucune différence avec le pied d'un grand loup ». Le porte-arquebuse ne parvient cependant pas immédiatement à débusquer l'animal. Mis à mal par la géographie du pays, il demande de nouveaux chiens en renfort. À la mi-juillet, il s'installe avec ses gardes au Besset, paroisse de La Besseyre-Saint-Mary.


Le 9 août, la Bête est débusquée près de Servières mais elle s’enfuit sans qu’on puisse la tirer. Les chasseurs rebroussent chemin vers le Besset. Moins de trois heures plus tard, la Bête vient tuer une vachère à moins de 500 mètres des fenêtres du château. Le 16 du même mois, il fait incarcérer trois membres du clan Chastel à Saugues, après une altercation avec ses propres gardes de la capitainerie royale.


Le 19 septembre, après de long mois de traque et d'échecs, il se rend près de Saint-Julien-des-Chazes en Auvergne, où la Bête n'y a jamais été signalée. Il voit un énorme loup venir à lui et lui tire dans l'œil avec sa canardière, chargée de 5 coups de forte poudre, de 35 postes à loup et d’une balle de calibre. Ce coup le fait reculer de deux pas. Le loup tombe mais se relève aussitôt.

Monsieur Antoine, qui n’a pas eu le temps de recharger, tire son couteau de chasse et retourne sa canardière pour assommer l’animal avec la crosse. Le garde-chasse Rinchard accourt et tire un coup de carabine. Le loup avance de quelques mètres et meurt.


Monsieur Antoine en conclut qu'ils s'agit de la Bête, (Voir le compte rendu au bas de cette page) et la fait aussitôt ouvrir par un chirurgien de Saugues. La dépouille arrive jusqu'à Versailles. Le Roi déclare la Bête du Gévaudan officiellement morte et autorise son porte-arquebuse à porter dans ses armes un loup mourant pour honorer son fait d'armes.


Pourtant, les massacres reprennent en Gévaudan après le départ des chasseurs. L’Intendant de justice de Clermont-Ferrand rapporte dans une lettre les soupçons à l'encontre du porte-arquebuse du Roi: « On a dit que rien ne prouvait que le loup tué fût l’auteur de tous les maux ». Pour Ollier, curé de Lorcières, François Antoine « a trompé et la Cour et les peuples en disant que c'est un loup ».


Bès de la Bessière, consul de Saint-Chély-d'Apcher, déclare que « l’animal tué par Monsieur Antoine n'était pas la Bête qui avait fait tant de dégâts - Antoine tua trois loups dans la même chasse et les conduisit à Paris en poste - mais sans doute il n'en montra qu'un pour mieux jouer son rôle et faire croire que c'était la fameuse Bête. Peut-être céda-t-il les autres à des gens qui les portèrent çà et là pour gagner de l'argent ».


Malgré le mécontentement général et la consternation des curés, François Antoine ne reviendra pas en Gévaudan. Il soutiendra qu'il a bien tué la Bête, bien que les actes de sépulture locaux de 1766 et 1767 contredisent ses affirmations.


François Antoine décède le 8 septembre 1771 à Dax


Source: Wikipédia. Corrections et illustrations, Patrick Berthelot (que je remercie)

François Antoine de Beauterne - © PPL. Berthelot
Messieurs Antoine père et fils - © PPL. Berthelot
Procès-verbal établi par M. Antoine concernant la chasse faite aux Chazes. 19 septembre 1765.

Messieurs Antoine

Père & fils

Procès-verbal établi par Monsieur Antoine concernant la chasse faite aux Chazes. 20 septembre 1765.
(Source Archives Départementales du Puy de Dôme)

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Cavaliers de la Maréchaussée de Langeac - © PPL. Berthelot